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C’est sous un ciel de pleine lune, ronde et claire, dans une nuit noire et froide que vos serviteurs arrivent au SOUBOCK. L’endroit est impressionnant de beauté. La bâtisse tout de bois vêtue, à la ligne extérieure sobre accueille le public avec prestige. La hauteur de la façade de l’entrée, bercée par un éclairage judicieux vous donne ce frisson qui vous transporte déjà dans ce nouvel univers avant même d’en avoir franchit la porte.
Accueilli par nos Amis du staff, la porte franchie, l’espace nous couvre de son manteau de douceur. L’endroit vous envahit. Magnificence des lieux, choix architectural de très bonne facture, cet établissement est le summum de ce que l’on peut construire de nos jours, dans le respect le plus total de son environnement. Le son y est tout simplement exceptionnel.
Le Soubock est avant tout un investissement colossale de dix années de maturation et de finalisation, de deux années de dur labeur pour la bande de copains plus dingues les uns que les autres et d’une année d’exercice prouvant que le choix du projet est juste. La liste (déjà longue) de tous les artistes qui s’y sont produits impressionne. Que de beau monde ! Ces prochaines années, verront à coup sur, cet endroit, comme LA salle de spectacle incontournable de la musique de qualité. Et justement, c’est parce que l’affiche est grandiose que vos deux compères ont fait pour vous le déplacement.
Peter Nathanson en première partie. Guitariste reconnu dans le milieu de la note bleue, passionné par le jeu de guitare de Hendrix dont il apprendra la moindre ficelle, l’artiste quitte son Massachusetts natal pour s’installer en France dans les années 2003. L’histoire de l’homme et sa guitare se mesure à coup de dizaines d’années que déjà le résultat est prometteur. Cinq albums sont à son actif.
Appelé par la prog. du SOUBOCK à la rescousse pour remplacer au pied levé nos amis de CrockerSaK, indisponibles, Peter ne s’est pas fait prié pour présenter au public son savoir faire. L’accent ricain bien calé dans la gorge, il joue pour nous ce soir dans un exercice de style pas très habituel sans doute pour lui. L’artiste est en solo, dépourvu d’artifice. Sa dobro et son électroacoustique crient un blues épuré, la voix de Peter chante les femmes, la vie et la non violence. L’artiste raconte (l’ami qui pique la femme de son pote….un classique) vibre, (Dallas de John Dawson Winter III – entendez par là Johnny Winter-) et chante Robert Johnson, Jimmy Reed, Willy Dixon et Bob Dylan.
Une bien belle première partie nous laissant quelque fois un peu sur notre faim, lorsque les riff s’enchaînent tous aussi semblables les uns aux autres.
Seconde partie ; Cisco Herzhaft.
Assurément, le sexagénaire a du métier, une présence scénique jubilatoire, un physique de battant, une « gueule d’acteur de cinoch qui quelquefois me fait penser à Jean Reno. Cette force de vie est une ovation à lui tout seul pour le pickin’ qui fait de ce français bien de chez nous, l’un des plus grand bonhomme de la scène Blues mondiale.
Après avoir passé une partie de sa carrière, avec les plus grands (John James, Fred Mc Dowell, John Lee Hooker, Moses Winson) et à voyager jusqu’au cœur de la note bleue, Cisco conquière les plus grandes salles dont celle de ce soir, le Soubock.
Dès les premières notes, le trio composé de Cisco (chant et guitares) ébranle le public. Le son puissant de la Quéguiner, le jeu précis et délié des mains de Cisco sur la guitare, la conviction du style, et la voix posée, donnent la hauteur de ce que sera cette 2ème partie. Admirablement accompagné de ses fidèles complices, Bernard Brimeur à la contrebasse, magicien du swing et Patrick Cassotti, à la batterie, virtuose du balai et des baguettes, l’ambiance ne cessera de monter tout au long de la représentation. Tout y passe, ragtime, country blues, bluegrass, compos personnelles tirées de ses derniers albums, contines de nos écoles à la sauce Ciscorag et même la marseillaise – New Marseillaise Rag, de son avant dernier album Gost Cities. Cisco rend hommage aux plus grands, Cisco raconte la prohibition – Canned Heat memories, du même album et Cisco transpose les styles, See See Rider de Robert Lockwood Jr, en une improvisation ragtime délirante.
Rien ne semble arrêter l’artiste tant la maîtrise de son art est totale. Cerise sur le gâteau, Cisco nous livre entre chacun des morceaux interprétés, une page d’histoire de la musique du Diable. Cisco interprète une part de son dernier album, Cisco Cocking à paraître dans les tous prochains jours, un vrai régal.
La soirée se termine avec les nombreux rappels du public et un bœuf bien sympathique avec Peter Nathason, cette fois ci à la guitare électrique, et à mon sens bien plus à l’aise avec ce genre d’instrument.
Une soirée exceptionnelle, dans un endroit unique, pour un publique ravi….que demander de plus ? Sinon que d’y revenir très vite bien sur.
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